Herbier À connaître, pas à infuser
Avocatier (feuille)
Persea americana Mill. — Lauracées
- zaboka Martinique
La feuille d'avocatier : une plante familière des Antilles dont la feuille ne se prend pas en tisane.
À connaître, pas à infuser
La feuille d'avocatier est absente de la Pharmacopée et du décret n° 2008-841. Son huile essentielle contient surtout de l'estragole (environ 80 % selon TRAMIL), substance que l'EMA juge génotoxique naturelle et dont l'exposition doit rester aussi basse que raisonnablement possible, en particulier pour les jeunes enfants et les femmes enceintes ou allaitantes. TRAMIL déconseille la feuille pendant la grossesse. La teneur en estragole d'une infusion n'a pas été trouvée.[1][2][3][4]
La plante
L'avocatier, Persea americana, a donné son fruit à la cuisine antillaise ; TRAMIL, le programme caribéen de recherche sur les plantes d'usage populaire, documente aussi sa feuille, et la rapporte sous le nom « zaboka » pour la Martinique. Aucun usage guadeloupéen, aucun nom guadeloupéen ni aucun habitat ne sont attestés dans les sources consultées.
Lawozé ne recommande pas la feuille en tisane. Son huile essentielle est surtout faite d'estragole, un composé que l'agence européenne des médicaments tient pour génotoxique, et dont elle demande de limiter l'exposition au plus bas. La teneur d'une infusion n'étant pas connue, la prudence l'emporte. Certains usages traditionnels rapportés pour la feuille sont de plus incompatibles avec la grossesse.
Parties utilisées : feuille, fruit (aliment).
En Guadeloupe : Arbre introduit et cultivé en Guadeloupe : la liste de Kew le marque introduit pour la région dont fait partie l'île. Le plus ancien spécimen guadeloupéen date de 1852.[5][6][7][8]
Arôme
Aucun descripteur sensoriel de l'infusion de feuille n'est sourcé. À titre d'information, TRAMIL donne l'estragole pour composant principal de l'huile essentielle de la feuille.[1]
Effets rapportés par la tradition
- La tradition antillaise rapportée par TRAMIL associe la décoction de feuilles aux gaz intestinaux et à la toux.[1]
Certains usages traditionnels rapportés pour la feuille sont incompatibles avec la grossesse ; l'herbier ne les détaille pas. Les autres usages documentés relèvent de la médecine.
Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Sur la planche
Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.
feuille La partie que l’on utilise : feuille, fruit (aliment).
feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille, fruit (aliment).
fruit La partie que l’on utilise : feuille, fruit (aliment).
fruit (détail) La partie que l’on utilise : feuille, fruit (aliment).
fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
Comment l’utiliser
Histoire et géographie
Indigène d'Amérique centrale : la liste de Kew donne pour aire native le Mexique, le Guatemala, le Belize, le Honduras, le Nicaragua et le Costa Rica. Descourtilz le disait originaire d'Amérique du Sud.[5][1][11][10]
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jusqu'à 11 000 ans
Ouest du Honduras
Dans l'abri sous roche d'El Gigante, des restes d'avocats datés au radiocarbone documentent une domestication progressive. Les études génétiques suggèrent au moins trois épisodes de domestication.[11]
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Saint-Domingue
Labat écrit que les terres des Espagnols comptent quantité d'avocatiers, et qu'un quartier de l'île de Saint-Domingue en possède « une infinité ».[9]
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vers 1694
Martinique
À Macouba, Labat reçoit des avocats d'un voisin de la Cabesterre et en plante les noyaux dans son jardin, avec des noyaux d'abricots de Saint-Domingue.[9]
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1852
Guadeloupe
Plus ancienne trace d'herbier connue pour la Guadeloupe : un spécimen récolté en 1852 par Duchassaing de Fontbressin, conservé au Muséum de Paris. Ce n'est pas une date d'introduction.[7]
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« avec le poivre & le sel »
Labat décrit l'avocat au chapitre XIV de son premier tome (édition de 1722) : fruit de la forme et de la grosseur d'une poire, à la chair fondante, qu'on mange en tranches au poivre et au sel, ou au sucre, à l'eau de rose et à la fleur d'oranger.[9]
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« dans tous les jardins et autour des habitations »
Descourtilz le décrit sous le nom de « laurier avocat », vulgairement avocatier ou poirier avocat. Selon lui, l'arbre croît naturellement en Amérique méridionale et fut apporté du continent aux Antilles « il y a longtemps », d'après Jacquin.[10]
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« insipide sans assaisonnement »
Descourtilz rapporte aussi les façons de le manger : à l'huile et au vinaigre, au sel et au poivre, ou au sucre et au jus de citron. Sans assaisonnement, le fruit lui paraît fade.[10]
Ses noms
Vrai ou faux ?
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L'avocatier est un arbre originaire des Antilles.
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Au temps de Labat, on mangeait l'avocat uniquement sucré, comme un dessert.
Faux.
Labat le décrit en tranches, au poivre et au sel, à la poivrade ; il cite aussi une version sucrée, à l'eau de rose.[9]
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L'avocatier appartient à la famille du laurier.