Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Gravure ancienne de Passiflora edulis : fleur, bouton, fruit entier et coupé, feuilles, en noir sur papier ocre.

Herbier Pharmacie ou patrimoine

Maracudja (fruit de la passion)

Passiflora edulis Sims — Passifloracées

Le maracudja, c'est le fruit de la passion : sa feuille, d'usage local non évalué, n'est pas recommandée en tisane par Lawozé.

Pharmacie ou patrimoine

La feuille de Passiflora edulis est absente des Listes A et B de la Pharmacopée française (seule Passiflora incarnata y figure) et de la liste du décret n° 2008-841 : elle n'a aucun statut défini. Aucune monographie TRAMIL ni européenne ne la concerne et aucune donnée humaine n'a été trouvée. L'usage local de la feuille n'est pas évalué : Lawozé ne la recommande pas en tisane, et l'herbier ne reprend aucun texte réglementaire de Passiflora incarnata.[1][2][3]

La plante

Le maracudja est le fruit de la passion, Passiflora edulis, une Passifloracée dont on connaît surtout le fruit. Sa feuille, elle, ne figure ni à la Pharmacopée française ni dans la liste des plantes en vente libre, et aucune monographie TRAMIL ne lui est consacrée : la page consultée ne donne que des noms.

Une revue de 2020 note que ses feuilles servent à préparer des tisanes selon les régions, sans préciser la partie de la plante ni la préparation pour chaque usage, et que l'efficacité chez l'humain n'est pas établie. La feuille contient des hétérosides cyanogènes, dont la portée pour une infusion n'est pas discutée par la revue.

Une étude de toxicité de 28 jours chez le rat, portant sur une forme dite « gulupa », n'a pas relevé d'effet jugé néfaste à 1 000 mg/kg par jour. Il n'existe aucune donnée sur la grossesse, l'allaitement, les enfants ou les interactions. La passiflore officinale, qui a sa monographie, est une autre plante : l'herbier ne reprend aucun de ses textes.

Parties utilisées : feuille.

En Guadeloupe : Culture ou naturalisation en Guadeloupe : non tranchées. World Flora Online la tient pour introduite aux îles Leeward, dont fait partie la Guadeloupe ; 83 observations ou spécimens y sont enregistrés.[4][5][6]

Arôme

Aucun descripteur sensoriel de l'infusion de feuille n'a été trouvé dans les sources consultées.

Effets rapportés par la tradition

  • Une revue de 2020 rapporte que les feuilles de Passiflora edulis servent à préparer des tisanes ; l'efficacité chez l'humain n'est pas établie.[7]

Aucun usage antillais n'est documenté par une source fiable ; l'herbier n'affiche aucune allégation d'effet, et l'usage local reste non évalué.

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Gravure ancienne de Passiflora edulis : fleur, bouton, fruit entier et coupé, feuilles, en noir sur papier ocre.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : feuille.

feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille.

fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

fruit Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

fruit (détail) Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Préparation traditionnelle rapportée. La vente de cette plante est réservée aux pharmaciens, ou son usage n’est pas documenté.

Aucune préparation traditionnelle de la feuille n'est documentée : Lawozé ne recommande pas de tisane de maracudja. Seul le fruit a des usages alimentaires documentés, frais ou en jus.[9]

  • Le fruit se mange frais, pulpe à la cuillère, ou se presse en jus que l'on sucre et allonge d'eau ou d'autres jus (Morton, 1987).[9]
  • La pulpe sert aussi à faire des gelées et des confitures ; les graines donnent une huile à usage alimentaire et industriel, selon Morton.[9]

Histoire et géographie

Originaire d'Amérique du Sud : sud et est du Brésil, Paraguay, nord-est de l'Argentine, selon World Flora Online. D'après Morton, l'origine de la forme jaune reste incertaine.[5]

Carte : Sud du Brésil, puis Jamaïque, puis Guadeloupe. 1 Sud du Brésil 2 3
  1. Sud du Brésil

    Aire d'origine de la forme pourpre. L'origine de la forme jaune est jugée incertaine, l'Amazonie brésilienne restant possible.[5]

  2. 1913

    Jamaïque

    Morton note la forme pourpre comme naturalisée dans les Blue Mountains en 1913 au plus tard : le plus ancien jalon daté relevé dans la Caraïbe, non la première arrivée.[9]

  3. Guadeloupe

    World Flora Online la tient pour introduite aux îles Leeward, division qui comprend la Guadeloupe. La date et le chemin de son arrivée sont inconnus.[5]

  • Le mot portugais « maracujá » vient du tupi, selon le dictionnaire Priberam. Wikidata recense « maracudja » parmi les alias français de la plante ; aucune source n'attribue cette graphie à la Guadeloupe.[10]

  • Le Trésor de la langue française date de 1647 la première attestation de « grenadille », dans une Relation de l'île de la Guadeloupe, et de 1602 le sens « fruit de la Passion ». Le mot est attesté ; l'espèce visée n'est pas identifiée.[11]

  • « gros comme un gros œuf, & de la forme d'une poyre »

    Du Tertre (1667) consacre quelques pages à « la fleur de la Passion et la Grenadille », puis à la « pomme de Lianne ». Il décrit un fruit sans donner de nom latin : rien n'établit qu'il s'agisse de Passiflora edulis.[12]

  • Descourtilz décrit dix passiflores, dont Passiflora laurifolia, nommée « pomme de liane », mais aucune Passiflora edulis. Le maracudja n'a pas de notice chez lui, et la « pomme de liane » antillaise est une autre espèce.[13][14]

  • PROSEA rapporte que les formes pourpre et jaune ont gagné les régions tropicales et subtropicales par l'Europe et l'Australie, au XIXe siècle. Selon Morton, les premières graines de forme pourpre plantées à Hawaï, en 1880, venaient d'Australie.[15]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[9][16][17][18]

Vrai ou faux ?

  1. Le maracudja est une plante originaire des Antilles.

    Faux.

    Il vient d'Amérique du Sud : sud du Brésil, Paraguay, nord-est de l'Argentine. Dans la Caraïbe, World Flora Online le tient pour introduit.[5]

  2. Aux Antilles, la « pomme de liane » de Descourtilz est le fruit de la passion.

    Faux.

    Descourtilz nomme « pomme de liane » la passiflore à feuilles de laurier (Passiflora laurifolia) ; Passiflora edulis ne figure pas parmi ses notices.[13]

  3. La feuille de maracudja figure à la Pharmacopée française.

    Faux.

    Les Listes A et B de la Pharmacopée n'inscrivent qu'une passiflore, Passiflora incarnata ; Passiflora edulis en est absente.[1]