Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche botanique d'un Bryophyllum : tige à feuilles dentées et grappe de fleurs rose et vert, deux étiquettes de bibliothèque.

Herbier À connaître, pas à infuser

Zèb maltèt

Kalanchoe pinnata (Lam.) Pers. — Crassulacées

  • zèb maltèt Martinique
  • zèb maltèt Guadeloupe

Le zèb maltèt, Kalanchoe pinnata : une plante des jardins antillais à connaître, mais pas à infuser.

À connaître, pas à infuser

La feuille fraîche est inscrite à la Liste A de la Pharmacopée avec la mention « usage cutané » et la plante est absente du décret n° 2008-841. Elle contient des bufadiénolides, composés stéroïdiens à action cardiaque dont la littérature note la marge thérapeutique étroite ; TRAMIL rapporte la mort de bovins après ingestion en grande quantité et ne dispose d'aucune donnée de sécurité pour l'enfant, la grossesse et l'allaitement.[1][2][3][4]

La plante

Le zèb maltèt, Kalanchoe pinnata, porte ce nom en Martinique, où TRAMIL l'atteste, comme en Guadeloupe, selon une page locale. La tradition rapportée applique ses feuilles fraîches, écrasées, sur le front. Elle a sa place à l'herbier pour son nom, cet usage externe et son histoire. L'Observatoire martiniquais de la biodiversité la classe espèce exotique envahissante, originaire de Madagascar.

Elle n'est pas une tisane. Ses feuilles contiennent des bufadiénolides, des stéroïdes à action cardiaque dont la littérature souligne la marge thérapeutique étroite. TRAMIL rapporte la mort de deux bovins après ingestion d'une grande quantité de plante et n'a aucune donnée de sécurité pour l'enfant, la grossesse et l'allaitement. Lawozé ne la recommande donc pas en tisane.

Parties utilisées : feuille (fraîche).

En Guadeloupe : Espèce introduite en Guadeloupe d'après le registre GRIIS (Pagad et Wong, 2020) et signalée par l'inventaire TAXREF de l'outre-mer. Un site guadeloupéen la nomme « zèb maltèt » et la place en forêt littorale rocheuse.[5][6][7]

Arôme

Aucune source consultée ne décrit l'arôme, le goût ou la couleur de la plante ou de son infusion.

Effets rapportés par la tradition

  • La tradition antillaise rapportée par TRAMIL associe l'application de feuilles fraîches écrasées sur le front aux maux de tête.[1]
  • Une page guadeloupéenne (source secondaire, éditeur non identifié) rapporte la même application de feuilles fraîches sur le front.[7]

TRAMIL rapporte aussi des usages par voie orale ; l'herbier ne les reprend pas, en raison de la présence de bufadiénolides dans la plante.

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche botanique d'un Bryophyllum : tige à feuilles dentées et grappe de fleurs rose et vert, deux étiquettes de bibliothèque.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : feuille (fraîche).

feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille (fraîche).

feuille (détail 2) La partie que l’on utilise : feuille (fraîche).

fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

tige Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Ne pas infuser.

Ne pas infuser : la plante contient des bufadiénolides, composés dont la littérature scientifique souligne la marge d'utilisation étroite. L'herbier ne donne aucune préparation de tisane.[3]

Ce que l’on en fait sans risque connu

  • Plante d'ornement : très plantée dans les jardins, souvent échappée de culture, d'après Mansfeld cité par Pl@ntUse ; plante d'appartement en Europe d'après une revue de 2017.[8][3]

Histoire et géographie

Originaire de Madagascar selon TRAMIL et l'Observatoire martiniquais de la biodiversité ; Kew la dit indigène de Madagascar et classe introduites 128 régions d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et d'Amérique, dont les Antilles.[1][9][10]

Carte : Madagascar, puis Tropiques américains, puis Martinique et Guadeloupe. 1 Madagascar 2 3
  1. Madagascar

    Aire d'origine selon TRAMIL, l'Observatoire martiniquais de la biodiversité et Kew.[1][9][10]

  2. Tropiques américains

    TRAMIL la dit cultivée et naturalisée dans les tropiques américains ; Kew la classe introduite du Mexique à l'Amérique du Sud tropicale, Caraïbes comprises. Aucune source ne date son arrivée.[1][10]

  3. Martinique et Guadeloupe

    Le registre GRIIS la liste comme introduite en Guadeloupe ; en Martinique, elle est classée espèce exotique envahissante : une simple feuille tombée au sol peut donner une nouvelle plante.[5][9]

  • Lamarck la décrit d'abord sous le nom Cotyledon pinnata ; Persoon publie la combinaison Kalanchoe pinnata (Lam.) Pers. en 1805. Le nom Bryophyllum pinnatum (Lam.) Oken (1841), encore employé par TRAMIL, en est aujourd'hui un synonyme.[11][8]

  • Le nom du genre, Kalanchoe, est dû à Adanson (1763), qui le donne pour un nom chinois (jia lan cai shu, d'après la Flore de Chine citée par Pl@ntUse).[12]

  • Pl@ntUse recense parmi les figures anciennes de l'espèce une planche du Curtis's Botanical Magazine (1811) et la Flora de Filipinas de Blanco (1880-1883) : la plante est figurée dès le XIXe siècle.[8]

  • Védrine (2003) la range parmi les plantes créoles d'Haïti sous les noms « fèy lougawou, sanglou, sanglaou, zèb maltèt », avec l'origine « Madagascar ».[13]

  • En Martinique, l'Observatoire de la biodiversité range le zèb maltèt parmi les espèces exotiques envahissantes ; il recommande l'arrachage manuel complet, sans laisser de feuilles ni de racines, et le remplacement par une espèce indigène.[9]

  • Une revue de 2017 note qu'en Europe Kalanchoe pinnata se cultive surtout comme plante d'appartement d'ornement.[3]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[1][7][8][13][14]

Vrai ou faux ?

  1. Le zèb maltèt est originaire des Antilles.

    Faux.

    TRAMIL et l'Observatoire martiniquais de la biodiversité la disent originaire de Madagascar ; en Martinique, elle est classée espèce exotique envahissante.[1][9]

  2. Une seule feuille tombée à terre peut donner une nouvelle plante de zèb maltèt.

    Vrai.

    L'Observatoire martiniquais de la biodiversité écrit qu'elle se multiplie très facilement de façon végétative, à partir d'une feuille tombée au sol qui forme des racines.[9]

  3. Comme beaucoup de plantes de jardin créoles, le zèb maltèt s'infuse sans risque.

    Faux.

    Elle contient des bufadiénolides, dont la littérature souligne la marge d'utilisation étroite : l'herbier la classe « à connaître, pas à infuser ».[3]