Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche botanique ancienne (Descourtilz, n° 81) : rameau de corossolier, fleur, fruit écailleux et graines.

Herbier À connaître, pas à infuser

Corossol

Annona muricata L. — Annonacées

  • kowosol Martinique
  • kòwòsòl Antilles

Fruit familier des Antilles ; en tisane de feuilles, l'Afssa a demandé en 2010 une « attention particulière ». À connaître, pas à infuser.

À connaître, pas à infuser

Avis de l'Afssa (devenue Anses) du 28 avril 2010 : neurotoxicité de l'annonacine avérée sur modèles animaux et cellulaires, cytotoxicité des alcaloïdes isoquinoléiques, et impossibilité de proposer des recommandations quantitatives de consommation. Les préparations à base de corossol, dit l'avis, « devraient faire l'objet d'une attention particulière ». Lawozé ne recommande pas la feuille en tisane.[1]

La plante

Le corossolier, Annona muricata, donne un fruit à la pulpe parfumée, que l'on consomme en Guadeloupe frais, en jus ou en nectar. Ses feuilles servent aussi à préparer des tisanes, que l'avis de l'Afssa décrit comme consommées pour leurs qualités considérées comme sédatives. Les noms créoles relevés sont « kowosol » en Martinique et « kòwòsòl ».

En 2010, l'Afssa, devenue Anses, a constaté que l'annonacine, une acétogénine du corossol, est neurotoxique sur des modèles animaux et cellulaires, et que les alcaloïdes isoquinoléiques sont cytotoxiques. Elle précise qu'il n'est pas possible d'affirmer que les syndromes parkinsoniens atypiques observés en Guadeloupe sont liés à la consommation d'Annonacées, ni de proposer une quantité de consommation sans risque.

La feuille de corossol ne figure ni à la Pharmacopée française ni au décret de 2008, et aucune monographie n'en documente l'usage. Faute de dose établie, Lawozé ne la recommande pas en tisane : c'est une plante à connaître, pas à infuser.

Parties utilisées : feuille (infusion, décoction), fruit (pulpe, nectar).

En Guadeloupe : Introduit en Guadeloupe d'après la liste de Kew. TRAMIL y relève le nom « corossol » ; l'enquête de Grande-Terre (2023) le nomme « kowosòl » ; l'Afssa le dit consommé en fruit, jus, nectar et tisane de feuilles.[2]

Arôme

Aucune description sensorielle de l'infusion de feuille n'est documentée dans les sources lues.

Effets rapportés par la tradition

  • L'avis de l'Afssa rapporte qu'en Guadeloupe des tisanes de feuilles de corossolier étaient consommées pour leurs qualités considérées comme sédatives, somnifères et relaxantes. L'herbier ne reprend pas cet usage.[1]

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche botanique ancienne (Descourtilz, n° 81) : rameau de corossolier, fleur, fruit écailleux et graines.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : feuille (infusion, décoction), fruit (pulpe, nectar).

fruit La partie que l’on utilise : feuille (infusion, décoction), fruit (pulpe, nectar).

fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

bouton floral Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

graine Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Ne pas infuser.

À connaître, pas à infuser : selon l'avis de l'Afssa (devenue Anses) du 28 avril 2010, l'annonacine est neurotoxique sur modèles animaux et cellulaires, et aucune recommandation quantitative de consommation ne peut être donnée. La feuille ne figure ni à la Liste A ni à la Liste B de la Pharmacopée.[1]

Histoire et géographie

Arbre natif des régions tropicales chaudes d'Amérique du Sud et du Nord, selon une revue de 2015. La liste de Kew le marque « introduit » à Cuba, en Haïti, en Jamaïque, à Porto Rico, en Guadeloupe et en Martinique.[5]

Carte : Amérique tropicale, puis Curaçao, puis Antilles françaises. 1 2 3
  1. Amérique tropicale

    Aire d'origine : régions du continent que la liste de Kew ne marque pas « introduites ». L'arbre est natif des régions tropicales les plus chaudes des Amériques (revue de 2015).[5]

  2. Curaçao

    Labat écrit que les Français trouvèrent beaucoup de ces arbres à Curaçao, île hollandaise, et en rapportèrent l'espèce en lui donnant le nom de l'île. Du Tertre dit seulement : une île hollandaise.[6]

  3. avant 1667

    Antilles françaises

    Du Tertre écrit en 1667 que le fruit « nous a esté apporté depuis quelque temps » : il était donc présent dans les îles françaises avant cette date.[7]

  • « habitée par les Holandois »

    Dans son Histoire générale des Antilles (1667), Du Tertre écrit que ce fruit n'a d'autre nom, chez les Français, que celui d'une île hollandaise d'où il leur a été apporté. Il le décrit gros comme un melon, à chair blanche au goût de pêche un peu aigre.[7]

  • « le nom de cette Isle au lieu du sien propre »

    Labat écrit que l'arbre que les Français appellent corossolier se nomme Guanabo chez les Espagnols et Cachiman ou Monin chez d'autres Européens, et que les Français lui ont donné le nom de Curaçao, l'île d'où ils l'avaient rapporté.[6]

  • « cet arbre tire son nom d'une île hollandaise »

    Descourtilz le décrit comme « corossolier à fruit hérissé » (Anona muricata L.) et note les noms sappadille et alacalyoua. Ses fruits, écrit-il, sont très recherchés des Créoles quand ils sont bien mûrs ; l'arbre doit son nom à Curaçao, selon Nicolson.[8]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[7][8][9][10][11]

Vrai ou faux ?

  1. Selon le Père Labat (1722), le corossol doit son nom à l'île de Curaçao.

    Vrai.

    Labat écrit que les Français, qui en avaient apporté l'espèce de cette île hollandaise, lui ont donné le nom de l'île ; Du Tertre (1667) dit seulement qu'il vient d'une île habitée par les Hollandais.[6]

  2. La feuille de corossolier est inscrite à la Liste A de la Pharmacopée française.

    Faux.

    Elle ne figure ni à la Liste A (janvier 2026) ni à la Liste B (janvier 2023) ; l'avis de l'Afssa de 2010 invite à une attention particulière aux préparations de corossol.[12]

  3. Le corossol est un fruit originaire d'Afrique.

    Faux.

    Il est natif d'Amérique tropicale ; aux Antilles, la liste de Kew le marque « introduit ».[5]