Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche botanique de Morinda citrifolia : rameau, fruit entier et coupé, détails de la fleur, fond blanc.

Herbier À connaître, pas à infuser

Noni

Morinda citrifolia L. — Rubiacées

Le noni, fruit et feuille : un nom connu, mais une tisane que Lawozé ne recommande pas.

À connaître, pas à infuser

Absent des listes A et B de la Pharmacopée et du décret n° 2008-841. Des cas d'atteintes hépatiques ont été publiés avec le jus de fruit : l'EFSA ne retient aucun lien causal démontré mais relève des facteurs de confusion. Pour la feuille, l'Afssa n'a émis en 2007 un avis favorable que pour les feuilles sèches, dans le cadre d'un dossier de nouvel aliment ; TRAMIL déconseille la feuille pendant la grossesse, l'allaitement et chez l'enfant. L'usage de la feuille en infusion n'est pas confirmé par les sources consultées.[1][2][3][4][5]

La plante

Le noni, Morinda citrifolia, a des fiches de sécurité distinctes selon la partie de la plante : le jus de fruit pour l'Autorité européenne de sécurité des aliments en 2006, la feuille pour l'Afssa en 2007 et pour TRAMIL. Aucun nom créole guadeloupéen et aucun usage en Guadeloupe ne sont attestés dans les sources consultées.

Des cas d'atteintes hépatiques ont été publiés après la consommation de jus de noni, dont un nécessitant une greffe. L'EFSA a conclu qu'aucune preuve convaincante n'établissait un lien causal, en relevant des facteurs de confusion. Ces cas concernent le jus, non la feuille en infusion ; mais l'Afssa a jugé que ces arguments ne s'étendent pas aux composés de la feuille. L'Afssa n'a donné en 2007 un avis favorable que pour les feuilles séchées. Lawozé ne recommande ni la feuille ni le jus.

Parties utilisées : feuille fraîche (TRAMIL), fruit (jus).

En Guadeloupe : 781 observations ou spécimens sont enregistrés en Guadeloupe (376 en Martinique). World Flora Online la dit introduite aux îles Leeward et Windward, et le guide de la DEAL la qualifie d'allochtone en Martinique.[6]

Arôme

Aucune source consultée ne décrit l'arôme, le goût ou la couleur de l'infusion de feuille de noni.

Effets rapportés par la tradition

Aucun usage n’est repris ici.

Les usages documentés (TRAMIL) relèvent de la médecine ; l'herbier ne les reprend pas.

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche botanique de Morinda citrifolia : rameau, fruit entier et coupé, détails de la fleur, fond blanc.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : feuille fraîche (TRAMIL), fruit (jus).

feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille fraîche (TRAMIL), fruit (jus).

fruit La partie que l’on utilise : feuille fraîche (TRAMIL), fruit (jus).

fruit (détail) La partie que l’on utilise : feuille fraîche (TRAMIL), fruit (jus).

feuille (détail 2) La partie que l’on utilise : feuille fraîche (TRAMIL), fruit (jus).

Comment l’utiliser

Ne pas infuser.

Les données de sécurité diffèrent selon la partie, jus de fruit ou feuille, et aucune préparation de la feuille en infusion n'est confirmée par les sources : Lawozé ne recommande ni l'une ni l'autre.[8]

Ce que l’on en fait sans risque connu

  • PROSEA : en Asie du Sud-Est, l'écorce des racines donne un colorant rouge, employé pour le batik à Java.[8]

Histoire et géographie

Aire native très étendue d'après World Flora Online : du sud de la Chine et de l'Inde à la Malaisie, l'Indonésie, la Nouvelle-Guinée et le nord de l'Australie. TRAMIL le dit d'Asie et d'Australie ; PROSEA, du Queensland.[9]

Carte : Asie du Sud-Est et Australie, puis Îles du Pacifique, puis Caraïbe, puis Martinique, puis Guadeloupe. 1 Asie du Sud-Est et Australie 2 Îles du Pacifique 3 4 5
  1. Asie du Sud-Est et Australie

    Aire d'origine d'après World Flora Online. TRAMIL dit Asie et Australie, PROSEA le Queensland.[9]

  2. Îles du Pacifique

    PROSEA : la plante a pu gagner les îles du Pacifique, des Marquises à Hawaï et à l'île de Pâques, par les courants marins et le transport humain. La source ne donne ni date ni migrations précises.[8]

  3. Caraïbe

    World Flora Online la dit introduite à Cuba, en Haïti, en Jamaïque, à Porto Rico et aux îles Leeward et Windward ; PROSEA et TRAMIL la disent naturalisée en Amérique tropicale. Aucune date.[9]

  4. Martinique

    Le guide de la DEAL Martinique range le noni parmi les espèces allochtones qui colonisent fortement le littoral. Constat pour la Martinique ; aucun texte équivalent pour la Guadeloupe.[10]

  5. Guadeloupe

    781 observations ou spécimens sont enregistrés en Guadeloupe ; la date et le mode d'arrivée sont inconnus.[6]

  • Descourtilz décrit le « royoc, rhubarbe blanche » (Morinda royoc), une espèce voisine et distincte du noni. Le noni n'a pas de notice propre chez lui.[11]

  • Selon PROSEA, la plante donne en Asie du Sud-Est un colorant rouge tiré de l'écorce des racines (batik de Java) ; des plantations existent à Java à la fin du XIXe siècle, et elle est naturalisée dans la Caraïbe.[8]

  • Un guide de la DEAL Martinique sur les espèces exotiques envahissantes cite le noni, avec l'amandier pays, parmi les espèces allochtones qui, en colonisant fortement le littoral, ont transformé les paysages martiniquais.[10]

  • TRAMIL ne rattache à la plante que des noms haïtiens et hispanophones (Colombie, République dominicaine) ; aucun nom guadeloupéen n'y figure.[1]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[12][13]

Vrai ou faux ?

  1. Le noni est une plante originaire des Antilles.

    Faux.

    TRAMIL le dit originaire d'Asie et d'Australie, PROSEA du Queensland ; le guide de la DEAL Martinique le range parmi les espèces allochtones.[1]

  2. Le « royoc, rhubarbe blanche » de Descourtilz est le noni.

    Faux.

    Descourtilz décrit le Morinda royoc, une espèce distincte du noni (Morinda citrifolia) ; World Flora Online les reconnaît comme deux espèces acceptées.[11]

  3. Le noni, Morinda citrifolia, figure à la Pharmacopée française.

    Faux.

    La Liste A de janvier 2026 inscrit seulement Morinda officinalis (racine, médecine traditionnelle chinoise) ; Morinda citrifolia est absente des Listes A et B.[2]