Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche coloriée de la Momordique à feuilles de vigne (sorossi) : liane aux feuilles lobées, fleur jaune, fruits verts et ouvert.

Herbier À connaître, pas à infuser

Paroka

Momordica charantia L. — Cucurbitacées

  • paroka Guadeloupe
  • pawoka Antilles
  • manjé kouli Antilles

Le paroka, liane des Antilles : à connaître pour son nom et son histoire, pas à infuser.

À connaître, pas à infuser

La Pharmacopée française n'inscrit la partie aérienne que pour l'usage cutané (astérisque de la Liste A) ; la plante est absente du décret n° 2008-841. TRAMIL déconseille la voie orale pendant la grossesse ; la littérature rapporte des effets sur la reproduction chez l'animal, des comas chez de jeunes enfants après une tisane de feuilles et un risque de favisme avec les graines chez les personnes déficitaires en G6PD.[1][2][3][4]

La plante

Le paroka, Momordica charantia, est une liane que TRAMIL rattache à la Guadeloupe sous ce nom ; la thèse de pharmacie de Toulouse (2025) donne aussi « pawoka » et « manjé kouli ». L'herbier la présente pour la faire connaître, non pour la servir : aucune source consultée ne documente d'usage de plaisir en infusion de ses feuilles.

La Pharmacopée française n'inscrit sa partie aérienne que pour l'usage cutané. TRAMIL en exclut la voie orale pour la femme enceinte, et la littérature rapporte chez l'animal des effets sur la reproduction. Elle mentionne aussi des comas chez deux enfants de trois et quatre ans après une tisane de feuilles et de vrilles, avec chute du taux de sucre dans le sang.

Les graines contiennent un alcaloïde, la vicine, qui provoque un favisme chez les personnes déficitaires en G6PD ; les décoctions de graines et d'autres parties de la plante sont à utiliser avec prudence. Les graines et l'écorce du fruit renferment en outre une lectine modérément toxique. Absente du décret de 2008, la plante n'est pas prévue à la vente libre comme plante.

Parties utilisées : partie aérienne (feuilles, tiges).

En Guadeloupe : TRAMIL donne « paroka » parmi les noms vernaculaires de la Guadeloupe, où 75 observations ou spécimens sont enregistrés ; World Flora Online la dit introduite aux îles Leeward et Windward.[1][5]

Arôme

Aucune source consultée ne décrit l'arôme, le goût ou la couleur d'une infusion de feuilles.

Effets rapportés par la tradition

  • La tradition antillaise rapportée par TRAMIL associe l'usage externe de la partie aérienne écrasée, en bain, en friction ou en application locale, aux démangeaisons et aux affections sèches de la peau.[1]

Les autres usages documentés, dont ceux par voie orale, relèvent de la médecine ou présentent des risques ; l'herbier ne les reprend pas.

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche coloriée de la Momordique à feuilles de vigne (sorossi) : liane aux feuilles lobées, fleur jaune, fruits verts et ouvert.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : partie aérienne (feuilles, tiges).

feuille (détail) La partie que l’on utilise : partie aérienne (feuilles, tiges).

tige La partie que l’on utilise : partie aérienne (feuilles, tiges).

fruit Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Ne pas infuser.

La Pharmacopée française ne retient la partie aérienne que pour l'usage cutané, et TRAMIL exclut la voie orale pour la femme enceinte, la femme allaitante et l'enfant de moins de 3 ans : l'herbier présente le paroka pour son nom et son histoire, pas pour la tasse.[2]

Ce que l’on en fait sans risque connu

  • Descourtilz (1829) : la liane forme des tonnelles ornementales, dont les fruits mûrs, de couleur aurore, ressortent sur le feuillage.[7]

Histoire et géographie

Plante de l'Ancien Monde, naturalisée sous tous les tropiques selon TRAMIL. World Flora Online liste comme aire native l'Afrique tropicale et australe, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et le nord de l'Australie.[8]

Carte : Ancien Monde tropical, puis Antilles, puis Guadeloupe. 1 Ancien Monde tropical 2 3
  1. Ancien Monde tropical

    Aire d'origine selon World Flora Online : Afrique, Inde, Asie du Sud-Est. PROSEA suppose une première domestication en Inde orientale et en Chine du Sud, sans l'établir.[8]

  2. 1829

    Antilles

    Descourtilz observe souvent aux Antilles des tonnelles garnies de momordique, qu'il nomme « Sorossi ». World Flora Online la dit introduite dans la Caraïbe. Aucune date d'arrivée.[7]

  3. Guadeloupe

    TRAMIL recense le nom « paroka » pour la Guadeloupe, où 75 observations ou spécimens sont enregistrés. Date et mode d'arrivée inconnus.[1]

  • « tonnelles garnies et formées avec le Momordique Sorossi »

    Descourtilz (1829) décrit la « momordique à feuilles de vigne » (Momordica charantia). Ses feuilles, d'odeur forte et de saveur très amère, remplaçaient le houblon dans la bière ; ses fruits non mûrs entraient dans les calalous. Usages d'hier, non repris ici.[7]

  • La plante porte des noms voisins dans toute la Caraïbe : paroka (Guadeloupe), asorosi (Haïti, proche du « sorossi » de Descourtilz), kokouli (Dominique), cerasee (Barbade), cundeamor (Porto Rico, Cuba, République dominicaine), d'après TRAMIL.[1]

  • Une thèse de pharmacie de Toulouse (2025) relève que « paroka » est aussi appelé « manjé kouli » ou « pawoka » en créole, et que le nom varie selon les régions et les habitudes locales.[6]

  • La Pharmacopée française n'inscrit Momordica charantia que pour sa partie aérienne, avec la mention « usage cutané ». Une espèce voisine, Momordica balsamina (fruit), figure en Liste B : c'est une autre plante.[2]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[1][6][7][9][10][11]

Vrai ou faux ?

  1. Le paroka est une liane originaire des Antilles.

    Faux.

    TRAMIL la dit originaire de l'Ancien Monde et naturalisée sous tous les tropiques ; World Flora Online la liste comme introduite dans la Caraïbe.[1]

  2. « Paroka », « pawoka » et « manjé kouli » sont des noms créoles de la même plante.

    Vrai.

    Une thèse de pharmacie de Toulouse (2025) relève que le paroka est aussi appelé « manjé kouli » ou « pawoka » ; il s'agit de Momordica charantia.[6]

  3. La Pharmacopée française admet le paroka en usage interne.

    Faux.

    La Liste A de janvier 2026 n'inscrit sa partie aérienne que pour l'usage cutané, signalé par un astérisque.[2]