Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Rameau de Lippia alba aux feuilles crénelées et gaufrées, avec de petites inflorescences violettes et jaunes.

Herbier Pharmacie ou patrimoine

Twa tass

Lippia alba (Mill.) N.E.Br. ex Britton & P.Wilson — Verbénacées

  • twa tass (trois tasses) Guadeloupe
  • brizé (brisée) Martinique
  • lamerik Martinique
  • ti bouch Saint-Martin

La twa tass, « trois tasses », que l'on appelle parfois mélisse des Antilles : sans lien avec la mélisse officinale.

Pharmacie ou patrimoine

La twa tass est inscrite à la Liste A des plantes médicinales de la Pharmacopée française (feuille), au titre de la Guadeloupe, et dispose d'une monographie française ; mais elle ne figure pas dans la liste du décret n° 2008-841 qui autorise la vente de certaines plantes hors pharmacie : sa vente comme plante est donc réservée aux pharmaciens. Le comité de la Pharmacopée de l'ANSM a adopté le 3 juin 2025 un projet de libéralisation de plantes d'outre-mer qui la mentionne ; la publication d'un décret n'a pas été vérifiée. L'herbier la présente comme un élément du patrimoine végétal.[1][2][3][4][5]

La plante

La twa tass (Lippia alba) est une Verbénacée connue en Guadeloupe sous ce nom, qui signifie « trois tasses », et en Martinique sous ceux de « brizé » et de « lamerik ». On la nomme parfois « mélisse des Antilles » : l'appellation est trompeuse, car la plante n'a aucun rapport botanique avec la mélisse officinale, une Lamiacée.

C'est l'une des plantes antillaises les mieux documentées de cette liste : inscrite à la Pharmacopée, elle a une monographie française, une fiche TRAMIL avec des essais de toxicité animale et une série de 1 000 patients ayant pris la décoction de feuilles fraîches, sans effet indésirable cliniquement observable. Cela n'exclut pas les précautions détaillées plus bas.

Le goût de l'infusion n'a été décrit dans aucune source consultée, et l'huile essentielle compte sept chémotypes distincts selon l'origine : l'herbier ne donne aucune note de dégustation. Inscrite à la Liste A, la feuille reste réservée aux pharmaciens ; elle figure au projet de libéralisation de juin 2025, dont la publication n'a pas été vérifiée.

Parties utilisées : feuille, sommités aériennes.

En Guadeloupe : Plante signalée en Guadeloupe par l'inventaire TAXREF de l'outre-mer (MNHN) ; la Pharmacopée l'inscrit à la Liste A « au titre de la Guadeloupe ». Des feuilles y ont été prélevées en deux lieux (2006).[6][7][8][9]

Arôme

Aucune description sensorielle de l'infusion n'a été trouvée. La composition de l'huile essentielle varie fortement : sept chémotypes distincts ont été décrits à partir d'échantillons de Guyane, de Martinique et de Guadeloupe.[8]

Effets rapportés par la tradition

  • La tradition antillaise rapportée par TRAMIL associe l'infusion de feuilles à la fatigue passagère.[10]
  • TRAMIL rapporte aussi la décoction de feuilles ou de parties aériennes pour le rhume.[10]
  • La liste des plantes d'outre-mer de la Pharmacopée mentionne, pour la Guadeloupe, des usages traditionnels digestifs.[7]

D'autres usages rapportés (bronchite, grippe) relèvent de la médecine ; l'herbier ne les reprend pas.

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Comment l’utiliser

Préparation traditionnelle rapportée. La vente de cette plante est réservée aux pharmaciens, ou son usage n’est pas documenté.

TRAMIL rapporte une infusion de feuilles fraîches : 15 g dans 2 tasses (un demi-litre) d'eau bouillante, récipient couvert, 5 minutes, puis filtration. Aucune préparation ne se conserve plus de 24 heures. Cette préparation est citée à titre documentaire.[10]

Histoire et géographie

Amérique tropicale et subtropicale selon TRAMIL ; Kew la range indigène du Mexique, de l'Amérique centrale, des Antilles et d'une grande partie de l'Amérique du Sud, introduite en Asie, en Australie, à Madère.[10][9]

Carte : Amérique tropicale. 1 Amérique tropicale
  1. Amérique tropicale

    Plante indigène des Antilles selon Kew : elle n'a pas voyagé jusqu'ici, ce sont ses noms qui voyagent. « Twa tass » en Guadeloupe, « brizé » et « lamerik » en Martinique, « ti bouch » à Saint-Martin.[10][9][7]

  • Miller la décrit d'abord sous le nom Lantana alba (1768 selon Pl@ntUse) ; elle passe ensuite au genre Lippia, et la combinaison actuelle, Lippia alba (Mill.) N.E.Br. ex Britton & P.Wilson, date de 1925, d'après Kew.[11][12]

  • Des enquêtes TRAMIL ont documenté la plante aux Antilles françaises : Longuefosse et Nossin en Martinique (1990-1995), Ocrisse auprès de 211 familles de Saint-Martin (2008).[10]

  • La Pharmacopée française lui consacre une monographie (feuille de Lippia alba, 2009) et l'inscrit à la Liste A ; la liste des plantes d'outre-mer de B. Weniger (2020) la rattache à la Guadeloupe sous les noms « twa tass » et « brizé ».[5][7]

  • En 2006, l'université de Lille analyse l'huile essentielle de feuilles de Guyane, de Martinique et de deux lieux de Guadeloupe : les compositions diffèrent, l'étude distingue sept chémotypes. Le goût peut donc varier d'une origine à l'autre.[8]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[7][10][12]

Vrai ou faux ?

  1. La twa tass est une mélisse.

    Faux.

    La Liste A de la Pharmacopée distingue la mélisse (Melissa officinalis, une Lamiacée) et la twa tass (Lippia alba, une Verbénacée) : deux plantes de familles différentes.[1]

  2. La twa tass nous vient d'Asie.

    Faux.

    TRAMIL la dit d'Amérique tropicale et subtropicale ; Kew la range parmi les plantes indigènes des Antilles et ne la signale introduite qu'en Asie, au Queensland, à Madère et au Portugal.[10][9]

  3. Partout aux Antilles, la twa tass a la même composition aromatique.

    Faux.

    L'analyse d'échantillons de Guyane, de Martinique et de Guadeloupe distingue sept chémotypes d'huile essentielle : la composition, et donc le parfum, varient selon l'origine.[8]

Accords

  • Atoumo associées dans une source La thèse de pharmacie de 2025, qui cite Longuefosse (2007), rapporte l'infusion d'atoumo associée à d'autres plantes, dont la brisée (twa tass).[13]
  • Gingembre associées dans une source Dans cette même association rapportée par la thèse, le gingembre figure parmi les plantes citées avec l'atoumo et la brisée.[13]