Gingembre
Zingiber officinale Roscoe — Zingibéracées
Un rhizome vif et piquant : Descourtilz rapporte que les dames créoles en offraient le soir une infusion « en guise de thé ».
La plante
Le gingembre est une herbe de 30 à 100 cm dont on utilise le rhizome, ramifié. Les sources lues ne donnent aucun nom créole pour la Guadeloupe ni la Martinique, et aucune donnée sur sa culture locale : l'herbier n'avance rien qu'il ne puisse prouver. Dans sa Flore pittoresque et médicale des Antilles, Descourtilz note que les dames créoles en offraient le soir une infusion « en guise de thé ».
Son statut est simple : le rhizome figure à la Pharmacopée française (Liste A) et au décret du 22 août 2008, en l'état et en poudre ; il se vend donc hors pharmacie. L'Agence européenne des médicaments lui a consacré une monographie révisée en mai 2025, avec des précautions que l'herbier reprend plus bas, dont la grossesse, l'allaitement et les enfants.
Lawozé le goûte piquant et chaleureux, avec un éclat d'agrume en fin de bouche. TRAMIL liste, parmi ses constituants, des gingérols et des shogaols, ainsi que du géranial, du néral et du citronellol ; il ne décrit pas son goût. Une note de dégustation qui n'engage que Lawozé.
Parties utilisées : rhizome.
En Guadeloupe : Cultivé en Guadeloupe depuis le XVIIe siècle, selon Du Tertre et Labat. La liste mondiale des plantes vasculaires le tient pour introduit aux Antilles, de Haïti et Cuba à Porto Rico.[3]
Arôme
épicéagrumé
piquant, chaleur du rhizome, zeste de citron léger
Intensité 4 sur 5
Note de dégustation de Lawozé : piquant et chaleureux, avec un éclat d'agrume en finale. TRAMIL liste des gingérols, des shogaols, du géranial, du néral et du citronellol parmi les constituants, sans description sensorielle.[4]
Couleur de l’infusion : jaune doré
Note de dégustation de Lawozé : une description subjective, pas une donnée sourcée.
Effets rapportés par la tradition
- La tradition caribéenne rapportée par TRAMIL associe la décoction de rhizome aux digestions difficiles : maux d'estomac, flatulences, indigestion ; elle l'associe aussi au rhume.[4]
- La monographie européenne de l'EMA (2025) décrit des usages traditionnels pour le mal des transports, les troubles digestifs spasmodiques légers (ballonnements, flatulences), la perte d'appétit temporaire et le rhume, fondés sur une longue utilisation.[5]
Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Sur la planche
Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.
rhizome La partie que l’on utilise : rhizome.
feuille Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
épi floral Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
racine Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
Comment l’utiliser
Selon TRAMIL : 5 g de rhizome frais lavé et broyé pour une tasse de 250 ml d'eau ; bouillir au moins 10 minutes à couvert, laisser refroidir, filtrer. TRAMIL compte 2 à 4 tasses par jour, à garder au froid et à boire dans les 24 heures.[6]
- Eau
- 100 °C
- Temps
- 10 min
- Dose
- 5 g de rhizome frais pour 250 ml (20 g par litre)
Couleur de l’infusion : jaune doré.
Valeurs tirées de la source[6].
Histoire et géographie
Originaire d'Asie tropicale selon TRAMIL. La liste mondiale des plantes vasculaires ne lui reconnaît pour aire indigène que l'Assam, l'Himalaya oriental et le centre-sud de la Chine.[8]
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Assam et Himalaya oriental
Seules l'Assam, l'Himalaya oriental et le centre-sud de la Chine ne sont pas notés « introduit » dans la liste mondiale des plantes vasculaires ; TRAMIL dit « Asie tropicale ».[8]
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Mexique
Descourtilz (1829) écrit qu'un certain « François Mendoza » l'y aurait transporté le premier, sans date ni itinéraire. Aucune autre source ne le confirme.[7]
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avant 1654
Guadeloupe
Du Tertre (1654) note qu'on commençait à le cultiver peu avant son retour des Indes. En 1696, selon Labat, il fait le principal négoce de la Capesterre ; vers 1656, il ne valait presque plus rien.[9]
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« commençoit vn peu auant mon retour des Indes à cultiuer du Gingembre »
Du Tertre (1654) : peu avant son retour des Indes, on commençait à cultiver le gingembre à la Guadeloupe. Il décrit la plante, aux feuilles de roseau, haute de deux pieds et demi à trois, et juge déjà la marchandise très bonne.[9]
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Du Tertre (1667) : la culture a tenu jusqu'à la guerre entre Hollandais et Suédois, qui a coupé le commerce de la Baltique. Le prix s'est effondré : en 1656, on voyait des tas hauts comme des cases, qu'on aurait volontiers donnés « à deux liards la livre ».[10]
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« le principal negoce de ces habitans étoit le gingembre »
Labat (1696) : à la Capesterre, le gingembre est le principal négoce des habitants. Les « pattes » se plantent en octobre-novembre et sèchent à l'air et au vent, jamais au soleil ni au four. Après 1698, le cent se vend dix à quatorze livres.[11]
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« un Confiseur à la Martinique, qui confit des Ananas, du Gingembre »
À la table des îles, Labat mange le gingembre vert cru ou confit au sucre, ce dernier « bien meilleur ». Du Tertre cite un confiseur de la Martinique qui confit ananas, gingembre, piment vert et oranges, que les passagers d'Europe emportent.[10]
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« en guise de thé »
Descourtilz (1829) : les dames créoles relèvent leurs « karis » et leurs « callalous » de poudre de gingembre et en offrent le soir l'infusion. Il le dit indigène aux Indes-Orientales et à l'Afrique, ce que les données actuelles ne confirment pas.[7]
Ses noms
Vrai ou faux ?
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Le gingembre est la racine d'une plante.
Faux.
TRAMIL décrit une herbe à rhizome tubéreux : la partie utilisée est un rhizome. Labat et Descourtilz parlaient, eux, de « racine » et de « pattes ».[6]
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Le gingembre est une plante d'origine antillaise.
Faux.
TRAMIL le dit originaire d'Asie tropicale ; la liste mondiale des plantes vasculaires ne lui reconnaît que l'Assam, l'Himalaya oriental et le centre-sud de la Chine. Aux Antilles, il est introduit.[8]
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Vers 1656, le gingembre des îles ne valait presque plus rien.
Vrai.
Du Tertre : en 1656, le commerce de la Baltique étant coupé, le prix était tombé à « deux liards la livre ». Labat relève à l'inverse dix à quatorze livres le cent après 1698.[10]
Accords
- Cacao (coques de fèves) associées dans une source Descourtilz (1827) écrit que « les Américains » ajoutaient du gingembre à la pâte de cacao : un usage de préparation alimentaire historique.[13]
- Thé associées dans une source Descourtilz rapporte que les Anglais prenaient chaque jour la poudre de gingembre comme condiment, avec les viandes ou avec le thé : un usage anglais, non antillais.[14]
- Citronnelle accord de goût de Lawozé Le gingembre réveille la citronnelle : sa chaleur piquante prolonge la fraîcheur citronnée.
- Cannelle de Ceylan accord de goût de Lawozé Le gingembre aiguise la douceur ronde de la cannelle d'une pointe piquante.
- Groseille pays accord de goût de Lawozé Le gingembre pose sa chaleur sur l'acidité franche de la groseille pays.
Où la trouver près de chez vous